Le projet

 

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Le préfixe “syn”, originaire du grec ancien, exprime l’idée d’ensemble, de réunion, comme dans les mots “synthèse”, “synonyme” ou “synchronisation” par exemple. Placé devant le terme “théorie”, il forme le néologisme synesthéorie, dont l’ambition est de définir un nouveau mouvement de pensée, une autre façon de comprendre le monde. En conservant deux lettres issues du mot synesthésie (aesthesis = sens), il rappelle que son inspiration provient de certaines propriétés singulières des perceptions associées, qui offrent un accès privilégié et peut-être objectif au réel.

 

Le Projet Synesthéorie postule que la pensée et la conscience de soi, par nature limitées dans leurs capacités et singulières à chaque personne qui les revendique, ne permettent pas de considérer l’ensemble des informations nécessaire à une étude impartiale, objective et holistique du monde. L’hypothèse générale du projet est que l’expérience de la synesthésie peut dépasser ces contraintes et être utilisée comme outil d’analyse des questionnements existentiels encore sans réponse univoque, aider à une compréhension globale, déconflictualisée et aussi simple que possible de l’ensemble des problématiques posées par l’existence.

 
 
1. Modélisation

Il n’existe à ce jour aucune théorie unifiée descriptive et explicative du réel qui soit reconnue valable pour toute situation, en tout temps, en tout lieu, pour tout objet ou individu. Inspiré d’une expérience de synesthésie particulière qui s’est fait le témoin du lien matriciel de l’ensemble des objets réels interagissant avec chacun d’entre nous, le modèle synesthéorique – un Essai sur la raison de tout – prétend combler ce manque. Les expériences sensorielles offrant un accès privilégié au support universel de la connaissance et aboutissant à des productions rationnelles et vérifiables seront nommées heuresthésies.

 
 
2. Expérimentation

Le Projet Synesthéorie et son modèle se distinguent d’autres tentatives de compréhension du monde par la possibilité d’expérimenter, simplement mais dans la plus grande rigueur épistémologique, chacun de leurs arguments afin d’estimer de leur pertinence. La prétendue universalité de l’Essai sur la raison de tout devra se soumettre à l’expérience pour attester de sa validité.

 
 
3. Application

La synesthésie est une expérience riche et belle, souvent aussi très intense. Elle est cependant extrêmement difficile à partager, restant limitée aux dimensions intérieures du vécu subjectif du synesthète, les mots par ailleurs peinant à la retranscrire fidèlement. Le Projet Synesthéorie envisage la mise en œuvre de dispositifs techniques et artistiques dont l’objectif sera le partage de l’expérience multimodale personnelle (voir notamment les Paysages Sonores). Le champ des possibilités est vaste et encore peu exploité et ces applications espèrent générer des expériences esthétiques d’un nouveau genre, mais aussi accompagner de façon novatrice les capacités perceptives de l’humain dans sa relation à son environnement naturel et technologique. Ces applications seront particulièrement pertinentes dans le domaine du handicap (voir les partenaires).

 
 

Par une théorie, des expérimentations et des mises en application inspirées des synesthésies, le Projet Synesthéorie espère atteindre à la réconciliation de l’humanité avec elle-même et son environnement, tentant de retrouver, dans les processus élémentaires de perception et de cognition, le lien intime de chacun d’entre nous avec la matrice unique de l’Univers physique et métaphysique.

 
 

On dit que chacun connait un moment parfait, de temps en temps, une expérience de paix complète et de lien avec le monde, (…) Soudain je fis l’expérience de m’oublier moi-même et, pendant un moment bref et brillant, j’eus l’impression que toute mon anxiété et mon mal-être disparaissaient. (…) J’imagine ces moments comme des fragments ou des éclats éparpillés sur une vie entière. Si quelqu’un pouvait les coller bout à bout, il obtiendrait une heure parfaite, voire une journée parfaite. Et je pense que cette heure ou cette journée le rapprocherait de ce qui fait le mystère d’être un humain. Ce serait comme un aperçu du paradis. Daniel Tammet, Je suis né un jour bleu, conclusion du livre.